Mon accouchement parfait puissant

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C’était une de ces nuits qui nous transforme…Celle qui n’a lieu qu’une seule fois et qui chamboule tout. Une de ces nuits qui nous révèle au travers des étoiles ton

émouvante venue, toi mon fils tant aimé.

Pour qui je me suis préparée physiquement et mentalement à t’accueillir auprès de femmes incroyables qui m’ont donné la force d’esprit et la confiance à être une meilleure personne de jour en jour. Cette nuit là, je ne savais pas que c’était le grand moment. Je ne savais pas que tu allais arriver si vite et de manière si parfaite. Je ne savais rien. Je savais seulement que mon corps s’abandonnerait à lui même,  dans cette douce et intense valse, que mon utérus dansera, pour toi, pour nous.

Cette nuit là, cette timide douleur m’a enlacée doucement pour me tirer des  bras de Morphé. Je ne lui en voulais pas, elle me dérangerait à peine. Je songeais à toi, que faisais-tu mon petit poussin?  Étais-tu réveillé par ces mouvements utérins qui prenaient de la force au fil des heures qui passaient?  Je savais que mon corps prendrait soin du tien . N’est-ce pas magnifique que mes hormones te couvrent d’une belle endorphine naturelle alors que les contractions sont si enivrantes!

La nature est merveilleuse comme toi, comme moi, comme toutes les femmes de la terre!

Maintenant bien nichée dans les bras de celui qui a fait en sorte que tu m’a pris comme nid douillet,  j’humais l’odeur de son cou alors qu’il me berçait dans l’eau chaude de notre piscine d’accouchement au milieu de mon salon. J’espérais que l’odeur pénétrerait mes poumons et se rendre jusqu’à toi pour te montrer à quel point ce parfum est beau et rassurant. Qu’il sera toujours là quand tu auras besoin et de ne jamais hésiter à y retourner lorsque tu auras peur. Ton père, fort, calme, doux, était mon pilier,  ma boussole.  Tu aurais dû voir son regard d’amour se poser sur moi alors que les douleurs me faisaient chanter de plus en plus fort mes sons primaux. Ce regard, je m’y serais perdue durant des décennies. Il m’aidait à m’accrocher à toi,  à nous, à moi. Je n’avais que de l’amour pour lui.

Plus le temps avançait plus cette valse m’emportait, elle me faisait virevolter dans tous les sens, me lançait très haut dans les airs, me coupait le souffle! J’en perdais pieds parfois, je l’avoue.  Je craignais qu’elle m’emporte si loin que je m’y blesse. Si je perdais le contrôle je n’y survivrais pas, c’était maintenant et ici que ça se passait. Il n’y avait plus d’autre option ni de choix. Si je perdais le focus, je perdais la vie, je te perdais toi. J’ai frôlée la mort sans que personne ne la voit. Près de moi il y avait la fin et le début, le tout et le néant, quelle incroyable sensation de se savoir entre les deux. La vie et la mort se livrait un combat en moi. Mais je n’avais pas peur. J’étais prête,  prête à totalement m’abandonner et m’y perdre. Pour toi mon enfant j’étais prête à tout. Donner ma vie pour toi s’il le fallait!

De plus en plus plus fort, je te demandais de sortir de moi,  de ne plus me faire attendre et d’arriver au plus vite! Cette attente était un vrai supplice! Je t’encourageais à  venir me rejoindre, je m’imaginais ta tête et ton corps faire son chemin à chaque contraction  qui te glissait toujours plus bas dans mon bassin, toujours plus près de mes bras.

Je ne valsais plus désormais, je hurlais à la lune, je criais au soleil, je pulsais  toute cette rage hormonale de moi,  je n’entendais que la voix douce de ma doula qui m’aidait à garder le cap dans cet ouragan, ce tremblement de terre, ce volcan en éruption, ce saut immense dans le vide.

Je te savais tout près,  que quelques temps et tu seras dans mes bras mon petit amour, nous arrivions à la fin, mais pourquoi n’arrivais tu toujours pas? Quel découragement! Y parviendrais-je ?  Pourquoi tant de doute alors que quelques heures avant j’y croyais tellement! Accroupie au milieu de la piscine, loin de tout le monde, aucune main sur moi, aucun croisement de regard. Je hurlais telle une louve qui cherche son louveteau, sauvage, animale, protectrice, violente. La douceur de la danse  n’est plus. L’animal à prit la place. C’est bon de faire des sons, de me suspendre, pleurer, lancer des jurons! Je  n’ai plus de dignité humaine,  je suis primitive dans tout mon  être et j’adore cette sensation!

Ce fut debout au bord de mon lit que mon corps fini d’ouvrir la grande porte qui t’emmenait aux mains de ton père.  La douleur était omniprésente, je criais, je soupirais, je rallais toute la puissance de mon corps. À chaque contraction  je l’accompagnait de puissante poussée, ahhhh quelle sensation exquise! Enfin la dernière ligne droite mon petit coeur!  Toi et moi on arrive à la fin de ce défi et au début d’une vie nouvelle!  Sur le bord de mon lit , accroupie , le visage enfoui dans les couvertures et les bains tendue à chercher quelque chose à m’agripper. J’ai vu une lumière en moi lorsque je sentis les mains d’une sage femme s’agripper aux miennes pour me permettre d’être en total suspension. J’ai senti en moi, de tout relâcher et laisser aller! Je me sentais soutenue plus que jamais! Je n’étais pas seule.

Ce fut dans cette petite chambre de cette mini maison à quelque part dans une campagne couverte de givre du matin, que tu vînt au monde. Entouré de mes sages femmes, ma doula et mon mari, ton père.  Ce fût ses mains que tu senti en premier, il t’a cueillit comme un bouton de rose et tu t’ai lové à l’intérieur de ses paumes et ses doigts.  Il sera toujours là pour toi, comme lorsqu’il t’a attrapé, il te soutiendra et sera ton phare dans les périodes sombres et brumeuses.

J’entendis ton cris strident déchirer la douceur du matin, enfin! Nous y sommes parvenue! Quel soulagement, nos voix sont enfin réunis, je peux enfin toucher la douceur de ta peau, ressentir sa chaleur, voir tes petits doigts parfaits et tes petits pieds si fragiles, sentir l’odeur de tes petits cheveux et enfin croiser ton regard insistant. Ces yeux qui voyaient pour la première fois.

J’avais l’impression de te connaître depuis toujours, comme si durant ces 9 mois tu me parlais à tous les jours. Je t’ai pris et j’ai déposé ton corps minuscule mais si chaud contre le mien. L’ocytocine, l’endorphine et la prolactine à son maximum j’ai levé la tête et souris au ciel. J’ai réussis, je t’ai donné la vie. Je sais que, à quelques part, les anges chantaient et dansaient. Mais les anges n’étaient pas seulement dans les cieux, mais aussi avec moi dans cette chambre.

De magnifiques anges qui ont crus en moi, en toi et en nous pour y parvenir. Merci à toi mon poussin, tu m’a fait vivre une expérience si incroyable, la plus belle de toute ma vie, merci de m’avoir choisi, merci pour tout.

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